HISTOIRE et ARCHITECTURE

Situé sur un promontoire dominant la vallée de la Meuse, le château de Bourlemont est à son origine une forteresse construite au début du XIIème siècle, vraisemblablement entre 1100 et 1130, par les évêques de Toul, suzerains de la rive droite de la Meuse. Sa construction répond à la fortification par les Ducs de Lorraine de la ville de Neufchâteau sur la rive gauche.

A l’origine, le château n’était qu’un quadrilatère de taille relativement modeste occupé par des hommes d’armes dont le chef appartenait à une famille déjà solidement implantée dans la vallée de la Meuse, les Brixey. La branche des Brixey habitant Bourlemont prendra d’ailleurs rapidement le nom de la seigneurie. 

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Au milieu du XIIIème siècle, Geoffroy de Bourlemont entreprend des travaux d’agrandissement ; c’est de cette époque que datent les grosses tours rondes, reliées par d’épais murs, qui dominent la vallée de la Meuse.

A la fin du XIVème siècle, alors que la famille de Bourlemont s’éteint, l’héritière du domaine épouse Jean Saladin d’Anglure, issu d’une famille champenoise. La famille d'Anglure occupera dès lors Bourlemont jusqu’au XVIIIème siècle.

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En 1412, nait dans le village proche de Domremy Jeanne d’Arc qui, lors de son procès, rappellera le souvenir de ses promenades à Bourlemont.

A la fin du XVème et au début du XVIème siècle, Bourlemont va connaitre un renouveau architectural avec la construction du logis à 2 étages donnant sur la cour du château, l’aménagement de la chapelle Saint Vincent en style gothique flamboyant, et la construction de l’aile sud.

Au moment des guerres de religion (seconde moitié du XVIème siècle), la base des tours et des murs d’enceinte de la façade donnant sur la vallée est percée de meurtrières pour permettre le tir de canons. Pendant la guerre de Trente Ans (1618 - 1648) le Roi de France demande à Claude d’Anglure de mettre Bourlemont en état de défense. Il n’y eut en fait jamais réellement de combat.

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Photographie aérienne
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Le dernier représentant de la famille d’Anglure décède en 1732, laissant pendant près de 40 ans Bourlemont à l’abandon.

Ce n’est qu’en 1770 que le château sera acheté par Jean François Joseph, Marquis d’Alsace, chambellan de l’Empereur Joseph II (le frère de la reine Marie Antoinette).
Il prend à cette occasion le titre de Comte de Bourlemont et commence des travaux de rénovation bientôt interrompus par la Révolution Française.

 

Ce sont ses descendants qui, au XIXème siècle, continueront à transformer la vieille demeure en château d’agrément pour lui donner l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui.
C’est de cette époque également que datent l’aménagement du parc par le paysagiste Paul de Lavenne de Choulot et la construction des dépendances nécessaires à la vie d’une grande demeure à cette époque. Sous Napoléon III sera même construite une aile neuve sur le côté Nord de la cour, aile aujourd’hui détruite. 

En 1934, Thierry d’Alsace, député puis sénateur des Vosges, lègue à sa mort Bourlemont à son petit neveu, Guy-Aldonce de Rohan Chabot. A cette époque, sont réalisés d’importants travaux de réaménagement de la cour et du jardin sous la direction du paysagiste Achille Duchêne, qui dessine pour Bourlemont un décor inspiré des jardins à la française qui est celui que l’on peut admirer encore aujourd’hui.